Le marché automobile a connu une nouvelle hausse en août. Les 18'977 nouvelles immatriculations de voitures de tourisme correspondent à une augmentation de 15,8 % par rapport au même mois de l'année précédente. En revanche, la mobilité électrique risque d'être mise à mal avec l'insécurité d'approvisionnement persistante, la hausse des prix de l'électricité et la réintroduction des droits de douane industriels par l'extension de l'impôt automobile aux voitures électriques.

 

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Le premier coup d'œil sur les données de marché du mois dernier montre de nombreux chiffres verts, tant pour de nombreuses marques que pour le marché global. Avec 161'328 nouvelles mises en circulation, le marché automobile suisse augmente sa progression cumulée à 13,9 % par rapport à l'année dernière. De plus, les propulsions alternatives, qui entraînent depuis longtemps la majorité des voitures de tourisme neuves, enchaînent les records et représentent désormais 55,3 % du marché.

Mais un examen plus approfondi révèle les défis actuels du secteur automobile suisse. Ainsi, après huit mois en 2019 ou 2018, le nombre de nouvelles immatriculations dépassait déjà la barre des 200'000. L'effet de reprise post-COVID n'est donc pas tout à fait immense ; le volume de marché plus faible entraîne des pertes massives à de nombreux niveaux économiques, du petit garage familial au grand importateur de véhicules. S'y ajoute un renouvellement ralenti du parc automobile, qui se traduit par une plus grande pollution de l'environnement.

Crainte d'un passage à vide de l'électromobilité

Plus élevée que jamais après huit mois, et ce tant en août (22,6 %) que depuis le début de l'année (19,3 %), la part de marché des voitures de tourisme tout électriques semble également réjouissante dans l'optique des objectifs de réduction des émissions de CO2 imposés au secteur. Mais des nuages sombres s'amoncellent à l'horizon pour la mobilité électrique, comme l'explique Peter Grünenfelder, président d'auto-suisse depuis début août :

« Bien que les politiques souhaitent voir des véhicules électriques sur nos routes afin d'atteindre les objectifs climatiques, ces mêmes personnes ne cessent de détériorer les conditions-cadres de la mobilité électrique. La réintroduction d'un droit de douane industriel prévue par le Conseil fédéral, qui veut étendre l'impôt automobile de 4 % aux véhicules électriques à partir de 2024, est contre-productive pour la transformation vers la conduite électrique et contrarie la poursuite de la croissance. De même, l'insécurité d'approvisionnement persistante, l'insuffisance des infrastructures de recharge et la hausse des prix de l'électricité sur le marché de l'électricité dominé par l'État ne contribueront guère à augmenter la demande de voitures électriques. Au contraire ; les acteurs du marché nous disent que l'érosion des conditions-cadres politiques freine la demande en matière de mobilité électrique, en particulier chez les clients privés ».

La politique doit maintenant passer des paroles écologistes aux actes pour rendre le passage aux véhicules zéro émission plus attractif, poursuit Peter Grünenfelder. « Il faut rapidement développer les capacités électriques locales pour un approvisionnement sûr en quantités suffisantes d'électricité à faible émission de CO2, accélérer et simplifier le développement de l'infrastructure de recharge, et renoncer au prélèvement de l'impôt automobile sur les voitures électriques ».

 

Les chiffres en détail répertoriés par marques sont disponibles sous www.auto.swiss.

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