La question de la neutralité climatique des transports en Suisse était au cœur de la deuxième conférence nationale sur la mobilité. La conférence organisée le 29 novembre 2021 sur le thème « Repenser la mobilité » s’est tenue à l’invitation de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

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Voici deux ans, le Conseil fédéral fixait déjà l’objectif climatique de zéro émission nette à atteindre d’ici 2050. Dans son discours de bienvenue, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a souligné « qu’une mobilité respectueuse du climat est aujourd’hui une tâche commune qui englobe bien plus que le domaine des transports ». Rien qu'au sein du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), pas moins de six offices fédérales s'occuperaient donc actuellement de la réorganisation des transports et de la mobilité en Suisse : Selon la Conseillère fédérale, il s’agit notamment de la suppression des privilèges accordés au diesel, du développement du kérosène synthétique ainsi que de la sécurité de l’approvisionnement en énergie. La garantie de l'approvisionnement en énergie devrait être l'une des tâches les plus difficiles, si l'on considère la manière dont les autorités fédérales repensent en partie la mobilité (mot-clé : électromobilité) ou les « interdictions de penser » qui s'appliquent parfois...

Nonobstant ce fait, la conférence a permis de dégager un large consensus sur le fait que des modes de propulsion renouvelables s’imposeront sur le marché relativement rapidement. Pour cela, il faut que les États instaurent les conditions-cadres nécessaires permettant de s’adapter aux changements technologiques. L’avancée de la numérisation permet de réorganiser la mobilité : conduite autonome, nouveaux modèles de tarification et de billetterie, interfaces multimodales qui mettent en relation tant physiquement que numériquement différents modes (rail et route) et moyens de transport. Pour que les différents modes de transport soient reliés entre eux aux endroits stratégiques à l’aide d’interfaces multimodales, il faut créer des conditions cadres en matière d’aménagement du territoire et de politique environnementale, par exemple dans les plans directeurs et les projets d’agglomération.

La « crise de Corona » actuelle semble (espérons-le) s'y prêter parfaitement : Les périodes d'immobilisation et les problèmes et goulots d'étranglement récurrents de la chaîne d'approvisionnement ont en effet fait prendre conscience à la plupart des gens de la véritable importance de la mobilité. De ce point de vue, la pandémie peut donc être considérée comme positive.

Nouvelles perspectives pour le transport de marchandises

En outre, les discussions ont montré que les développements technologiques (électrification et systèmes de transport souterrains) ouvrent également de nouvelles perspectives pour le transport de marchandises. Olivier Corvez, directeur du Smart Freight Center, et d’autres spécialistes se sont toutefois accordés à dire que ces développements ne suffiront pas à eux seuls à décarboniser le transport de marchandises. Le marché de la logistique doit être développé, il faut plus d’interfaces pour relier les différents modes de transport et les concurrents doivent davantage coopérer entre eux. Pour désengorger les villes et les agglomérations, il faudrait par exemple des sites de logistique urbaine (cityhubs) où transborder efficacement les marchandises et les livrer de manière groupée dans les quartiers urbains.

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